Nouveautés mosaïque
Un petit groupe s’est chargé des recherches sur des livres, un autre sur Internet, l’atelier informatique nous a donné un coup de main car il fallait imprimer les reproductions choisis pour pouvoir les agrandir. Nous avons donc utilisé un quadrillé de grands feuilles de papier ainsi que la reproduction sur format A4 ou A3 pour pouvoir reporter le dessin.
Deux possibilités s’offraient à nous : soit il fallait travailler directement sur le mur en plein hiver avec le froid et la pluie, soit s’intéresser à la méthode indirecte que nous n’avions jamais utilisée jusqu’à présent.
Cette méthode consiste à faire le dessin sur une grande feuille, le recouvrir d’une feuille de nylon de même dimension transparente pour laisser voir le dessin et par-dessus, poser un morceau de trame (moustiquaire) de façon à assembler et coller les morceaux de céramique couleur en suivant le motif que l’on voit en dessous, et pour les différents coloris, à s’aider de la reproduction originale.

Les tableaux avaient été choisis avec des formats différents. Selon la dimension du tableau nous pouvons travailler à 1, 2, 3 ou 4 personnes autour de notre grande mosaïque, ceux qui avaient un peu plus d’expérience devaient aider les plus novices.
Les couleurs ont été choisis avec soin. Nous avons du travailler sur de grandes planches de bois de la dimension des tableaux pour pouvoir transporter le travail en cours, empiler nos travaux en fin de journée et laisser la place à d’autres activités le lendemain. Une fois la trame complétement recouverte une feuille de papier kraft était collée provisoirement pour consolider le tout. Nous attendions que la météo soit plus clémente pour commencer à poser nos œuvres.
Pour repartir les 16 tableaux sur le mur (25m de long x 1,80 de hauteur) nous avons fait un plan à l’échelle et placé les petites reproductions vite dessinés au feutre pour avoir une idée de l’effet souhaité. Une première série de cinq tableaux ont été posés en plein hiver. A cause du froid et du vent il y avait peu de candidats. Il fallait s’organiser : descendre tout le matériel (ciment bassines, spatules, niveau, eau, chiffons, éponges), sortir deux tables des salles de cours d’Alpha discrètement car les cours avaient déjà commencé.

Nous nous sommes rendu compte que la difficulté supplémentaire était d’empêcher la trame lourde de glisser le long du mur sur le ciment encore frais. Un tasseau avec des « clous bêton » fut posé au-dessous du trait horizontal au bas du tableau. Les débuts ont été un peu compliqués mais nous avons oublié d’indiquer le haut et le bas du tableau, caché par le papier kraft. « La dame à la lecture » de Picasso restera la tête en bas…espérons que son auteur ne nous en voudra pas. « La feuille » de Matisse semblait avoir été collée correctement. Deux jours plus tard elle se décollait du mur : nous avions oublié d’enlever la feuille de nylon restée entre le mur et la trame de moustiquaire. Il a fallu réparer et recoller le tout.
L’application d’un joint spécial extérieur faisait partie d’une autre séance deux jours plus tard lorsque tout était bien sec. Un peu plus tard, au début du printemps et devant la réussite des premières opérations, les autres mosaïstes amateurs ont voulu s’y mettre, et l’ont fait avec beaucoup d’enthousiasme. Curieusement les travaux de petite maçonnerie plaisent beaucoup aux femmes. Cette méthode demande beaucoup de temps, de patience mais le résultat est très satisfaisant.
Nous voilà capables de satisfaire quelques commandes de décors d’abri de jardin et de salle de salle de bains, murs de villas. Au mois de mai nous espérons poser sur le mur de sa piscine une belle colombe que l’on est en train de préparer chez une paroissienne du Var.
Françoise Devictor, responsable de l’atelier.